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Episode 4- Peur sur la Terre, pendant, après ...


L’épidémie du Covid-19, de par sa propagation rapide à travers le monde et son risque létal a généré une peur collective. La nouveauté du virus nous a confronté à l’inconnu ainsi qu’au sentiment d’impuissance ; or l’incertitude est le plus puissant carburant de l’anxiété » d’après Antoine Pelissolo, professeur de psychiatrie.

Une peur collective :

Les hommes ont une peur ancestrale des épidémies. L’Histoire montre que le temps des épidémies semble être le moment où la nature reprend ses droits sur les hommes. Elles révèlent les fractures sociétales et rappellent les limites de la distinction entre nature et culture. La littérature et la culture de manière générale participe pleinement de l’accumulation de souvenirs des épidémies et de ses peurs. Ainsi, la simple évocation de la peste fait frémir. On se souvient par exemple, que c’est lorsque « les hommes sont fatigués, quand ils baissent les bras, que la peste survient." La Peste, Camus.

Le caractère inédit du Covid-19 renforce la peur éprouvée par l’ensemble de la population. Il s’agit de la première épidémie vécue de manière mondiale. La curiosité, la peur et la fragilité de l’ensemble de l’humanité sont donc partagées et généralisées.

« Collectivement, la peur devient panique, les actions erratiques de chacun se traduisant par le désordre et le chaos ». Sur fond d’incompréhension bien réelle, de doute, d’effroi, et d’une rancœur palpable face à l’imprévoyance et au retard pris par les autorités pour l’affronter, la colère progresse inexorablement. En cause, l'enchaînement rapide des événements, la cacophonie des décisions politiques. Naturelle, cette anxiété est aussi source de grogne dans de nombreux milieux professionnels ( médical bien sûr, mais largement plus répandu via des groupes sociaux (ex : les critiques exacerbés envers les parisiens pendant le confinement !) Une forme de populisme et de défiance face aux institutions en place se développe alors. Lire l’article ici.

Les conséquences de la peur :

Les conséquences du confinement et de la peur qu’elle engendre sont multiples. Au cours du confinement, 30% des Français ont vu leur sommeil dégradé et 40% ont exprimé une détresse. Puis, l’angoisse de l’isolement a laissé place à la peur du déconfinement. De fait, des troubles phobiques majeurs ainsi que des dépressions sont attendus dans les semaines suivants le déconfinement. Si ceux-ci pourraient toucher l’ensemble de la population, les personnels soignants sont les premières victimes potentielles de ces deuils dramatiques. Le risque d’une vague de décompensations psychiatriques une fois la tension redescendue est fort. Lire l’article ici.

En effet l’après-confinement pourrait donner lieu à une peur exacerbée d’autrui. La frustration entraînée par ces restrictions des libertés peuvent amener à repenser nos modes de vie et évoluer positivement ; ou à l’inverse, dégrader nos relations sociales et amener de nouveaux troubles psychiques selon la façon dont ce confinement est vécu. Les scientifiques évoquent un mécanisme appelé le « système immunitaire comportemental », engendrant une peur d’autrui, et le développement de forme de phobies. L’autre représente une source potentielle de microbe qui enclenche instinctivement une réaction asociale chez l’homme. Enfin, la peur des répercussions économiques (hausse du chômage, perte d’emploi, baisse de la qualité de vie) ainsi que l’éventualité d’une seconde vague renforcent ce sentiment de peur. A ce mécanisme se joint le syndrome de la cabane. Habituellement ressenti après une hospitalisation ou un séjour en prison, il se manifeste par un rejet du monde extérieur. Ainsi, les personnes touchées par ce syndrome souhaitent prolonger le confinement et développement une forme d’anxiété et d’hypervigilance.

Les conséquences de cette épidémie et du confinement inquiètent également les Français. Parmi elles, la crise économique est notamment redoutée. Durant le confinement, les sommes dépensées dans l’alimentaire par foyer ont augmenté, en moyenne de 48€, et la fréquence des achats a progressé de plus de 10%. Mais les inquiétudes liées aux prix des produits alimentaires ne cessent de croître. «56% des Français disent que la crise a ou aura un impact sur leurs revenus. L’optimisme sur la reprise de l’économie à long terme est en baisse ».

La peur, une émotion constructive ?

Néanmoins, d’après certaines scientifiques, la peur n’est pas toujours nécessairement une émotion négative. Ainsi, selon certains chercheurs, la peur que nous procure l’épidémie est bénéfique puisqu’elle nous pousse dans nos propres retranchements ; et nous prépare ainsi à affronter le monde de demain plus sereinement. La peur fait partie des six émotions fondamentales, qu’il est important d’accepter ; elle participe de notre survie et de celle de notre espèce. Si elle peut amener de la panique, de l’agressivité et des phobies, elle peut également être source de sagesse. En ce temps de confinement, où la peur est omniprésente, la méditation de pleine conscience permet de rester en harmonie avec soi-même et le monde environnant. Enfin, il est important de retenir, que de la peur, va émerger de nombreux enseignements et enrichissements nous permettant chacun de grandir un peu plus. Lire l’article ici.