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Episode3 "drôle de temps pour la mobilité"


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S'il est un secteur bouleversé par la crise sanitaire, c'est bien celui de la mobilité, sous toutes ses formes... L'apparition de nouveaux usages et des interrogations sur le futur des déplacements sont au sommaire de cet épisode

Le transport aérien classique, fut le premier concerné, puisque les voyages longues distances ont été les premiers touchés. Il s’agit de “la plus grande crise que le secteur n’ait jamais connue”.  Le trafic aérien s’est effondré de 14,1% dans le monde dès févrieravant de s’effondrer de 90% dès la mi-mars ainsi qu’en témoignent les images radar. En parallèle, de nouveaux usages sont apparus, de nouvelles fonctionnalités, avec le recours à l’avion ou au train médicalisé afin de transférer les malades dans d’autres régions.

Mais la crise risque aussi de modifier les usages quotidiens des consommateurs concernant les nouveaux services de mobilité. Concernant les VTC, l’activité a drastiquement réduit (- 80%) bien que 25% des chauffeurs continuent de travailler. Le covoiturage connaît une chute bien plus importante des activités (90% environ), mais des nouveautés apparaissent, tel l’opérateur historique Blablacar en train d’adapter son offre. Ainsi, grâce à cette application d’entraide entre voisins, les utilisateurs peuvent trouver, à proximité, d’autres personnes susceptibles de les aider à réaliser leurs courses de première nécessité (alimentaire, pharmacie…). L’auto-partage et les trottinettes en libre-service sont, elles, quasiment à l’arrêt. Seule la start-up français DOTT, continue son activité en mettant à disposition des trottinettes pour le personnel hospitalier avec un code promotionnel leur permettant d’utiliser le service gratuitement. 

Il est probable que la pandémie change les habitudes de mobilité. “Il va être très intéressant de voir les évolutions en termes de consumérisme par rapport aux services de mobilités et notamment la mobilité partagée”.

De nouveaux outils voient le jour en s’appuyant sur l’usage des données. Google a communiqué ses données de mobilités de manière anonyme, puis Apple et d’autres, de sorte à aider les autorités sanitaires à comprendre les déplacements et les tendances de déplacements de la population et agir en conséquence. Les données transmises par Apple montrent que le confinement est largement respecté, y compris là où celui-ci n’est pas une obligation. Il met également en lumière un délaissement majoritaire des transports en communs, perçu comme des lieux de contamination, au profit de la marche ou de la voiture.

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Une question se pose : la mobilité va-t-elle être renouvelée ? 
Le grand vainqueur : le vélo comme moyen de distanciation sociale au sortir de la crise. “Le vélo, jugé protecteur et adapté aux mesures de distanciation sociale, gagne du terrain en temps de confinement. Et si on assistait, post-confinement, à un boom du vélo au détriment de l'hégémonie de la voiture dans les villes ?” tel est le sujet de l’article ici. 
De nombreuses collectivités territoriales privilégient l’usage du vélo au sortir de la crise. Pour cela, l’aménagement temporaire du territoire va être privilégié avec l'aménagement de multiples pistes cyclables temporaires, en s'inspirant de ce qui se produit dans les capitales étrangères. Lire l'article ici sur l'aménagement tactique

Un rôle pour les entreprises : 
"La perspective de sortie de crise liée au Covid-19 offre un formidable levier aux entreprises pour initier des actions de rupture, telle celle de repenser drastiquement la mobilité de leurs collaborateurs, dans un esprit de solidarité et en résonance avec de nouveaux choix de société.” En particulier en lien avec des pratiques de travail nouvelles ? La crise peut être “un catalyseur de changement ou un accélérateur de mouvement déjà en route”, tel que le télétravail ou le décalage des horaires de travail.  Il est possible d’imaginer une meilleure répartition des déplacements en gérant sa messagerie et ses contacts le matin chez soi et en se rendant plus tard au bureau. Ceci permettrait ainsi, à moindre risque, l’usage des TC en heures de pointes. Mais cela pose plusieurs questions : “les logements sont-ils adaptés au télétravail ? Comment les salariés sont-ils indemnisés par leur employeur pour les charges qu’ils assument à domicile (matériel de bureau, électricité, connexions internet, etc.) ?” lire l'article ici. 
Les entreprises doivent accompagner ces changements et participer à la décarbonation de leurs activités. Pour cela, il est intéressant de se tourner vers la pratique du vélo, de l’autopartage et du télétravail. lire l'article ici.

Malgré tout, la crainte du retour au tout automobile persiste :
La peur de la contamination risque de faire éloigner les individus des transports en commun, et un retour au tout automobile est donc craint. Depuis le début de l’épidémie, nous assistons à un recours accru à la voiture individuelle. Si l’on se tourne vers la Chine, c’est un retour vers l’automobile au détriment des transports en communs qui se produit. Néanmoins, il est possible que le recours au vélo et au télétravail puisse continuer à se développer et incite un changement de mode de vie.