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Episode7 - Une rentrée étudiante pas comme les autres


Déjà impactés par un confinement et un arrêt prématuré de l’année universitaire en mars, les étudiants étaient enthousiastes à l’idée de retrouver les bancs des amphithéâtres. Mais est-ce une rentrée vraiment comme les autres ?

 

Les étudiants : un public majoritairement fragile, et très touché par la COVID

À l’heure actuelle, un tiers des clusters détectés en France sont actuellement situés au sein d’université. Cependant, la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal indiquait qu’il « n’y aura pas de fermeture généralisée des universités ». Les étudiants, sont donc majoritairement touchés par la propagation du virus. C’est également un public fragile, aux ressources limitées, voire restreintes. Avec l’émergence de cluster comme à l’Ecole centrale de Lyon  ou encore à l’Université de Bourgogne où « 900 étudiants ont été confinés », les étudiants sont priés de rester chez eux. Tous ne sont pas logés à la même enseigne. En effet, les résidences universitaires dont les parties communes (cuisines collectives, sanitaires) sont partagées peuvent là aussi vite devenir de futurs clusters. Il convient donc de casser les flux et les chaînes de transmission.

Le choix d’une formation commodale qui alterne entre présentiel et distanciel

Certains établissements du supérieur n’ont pas attendu le développement de multiples clusters pour proposer à leurs étudiants, ainsi qu’à leurs enseignants, le choix d’une formation « semi-distancielle », ou commodale . L’Université Paul-Valéry à Montpellier propose par exemple à ses étudiants de choisir entre cours à distance et cours en présentiel. Selon Patrick Gilli, Président de l’Université, « les locaux sont trop petits ». Cette mesure doit donc participer à la « réduction des flux ». Afin de proposer ce genre de formations, les établissements doivent développer des services innovants (cours en streaming, en replay, etc.), permettant d’assurer une continuité pédagogique. Selon Catherine Peyroux, maître de conférence, « le public […] est moins nombreux et donc aussi plus attentif ». 

 

La mobilité internationale également impactée

Les conséquences de la Covid-19 ne se résument pas seulement aux salles bondées et aux restaurants universitaires à la capacité réduite. Les mobilités étudiantes de type Erasmus sont elles aussi touchées.  En effet, la Ministre Frédérique Vidal « table sur une baisse de 20 % du flux d’étudiants internationaux ». Cette baisse s’explique bien évidemment par la difficulté pour obtenir des visas même si les étudiants et les chercheurs étrangers sont prioritaires ; mais aussi par la restriction des déplacements à certaines frontières, ou le trafic aérien fortement restreint.  Le gouvernement propose donc un dispositif innovant baptisé « Enseignement Numérique France » permettant  d’accéder à un campus connecté depuis l’étranger.

Des conséquences sur les modes de vie, mais également pour l’économie et le rayonnement français

Toutes ces restrictions et autres adaptations ont des conséquences directes sur l’économie. En effet, le vivier d’étudiants étrangers qui viennent chaque année en France permet de participer au rayonnement et à l’attractivité de la France. « Les étudiants qui viennent en France racontent leur expérience à leurs amis et leurs donnent envie de venir » selon Orlane François, présidente de la Fage, fédération d’étudiants. Au-delà des conséquences purement économiques, la Covid-19 atteint également les modes de vie des étudiants. Les cours en distanciels sont facteurs d’isolement, tout comme la fermeture des lieux de sociabilité : bars, restaurants, salles de sports, … Ces mesures sont également mal comprises par une partie de la population estudiantine. Pourquoi fermer un bar où les distances peuvent être respectées et laisser des transports en commun surchargés ?