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La ville du quart d'heure et des courtes distances


Mis en avant depuis les élections municipales de 2020, le concept de ville du quart d’heure, ville des courtes distances, a émergé dans les domaines de l’aménagement et des mobilités. A quoi fait-il référence ? Quelles en sont les grandes lignes ? Comment y parvenir ? fait-il débat ?

La ville du quart d’heure : théorie et explications

La ville du quart d’heure fait référence à un concept d’aménagement qui traite la ville comme une ville polycentrique, où avec une mobilité active, on accède à six fonctions en 15 minutes. Ce concept a été théorisé par Carlos Moreno, spécialiste de la « Human Smart City » et directeur de la chaire ETI (Entreprenariat, Territoire et Innovation) à l’Université Panthéon-Sorbonne, à découvrir sur son blog 

Le point de départ de ce concept part de la question de la mobilité. En effet, après-guerre, nos villes ont été reconstruites de manière spécialisée. C’est à-dire à chaque endroit, son usage : l’endroit où l’on vit, l’endroit où l’on travaille, l’endroit où l’on fait ses courses, etc. Toute temporalité a donc disparu. Carlos Moreno se pose alors la question de faire coïncider les lieux de vie avec les temps de la vie. Il dégage pour cela, six fonctions sociales, urbaines et territoriales qui vont devenir les piliers de la ville du quart d’heure :

  • Se loger
  • Travailler
  • Produire
  • Accéder à son bien-être : social, environnemental, …
  • S’approvisionner
  • Apprendre

Comment y parvenir ?

Pour y parvenir, deux leviers peuvent être mobilisés. Le premier consiste au polymorphisme. C’est-à-dire, mieux gérer l’occupation des lieux. Souvent, les lieux ont une seule et unique fonction : l’école, le gymnase, la discothèque, etc. Il s’agit de repenser les usages pour exploiter au maximum les structures. Pourquoi une discothèque ne pourrait pas se transformer en salle de gym la journée ?

Le second levier s’attache à repenser l’espace public. La rue, perçue comme un lieu de passage, peut devenir un lieu de rencontre. Les places publiques peuvent être végétalisées. Les écoliers peuvent aller en récréation sur ces mêmes places. L’idée générale est de retrouver une sociabilité à courte distance.

Quid des territoires moins denses ? Des applications concrètes ?

Les territoires aux densités plus faibles, de moyenne voire de basse densité peuvent adopter un modèle basé sur le même système mais à la temporalité plus longue. C’est ce que Carlos Moreno appelle « le territoire de la ½ heure ». Certaines municipalités s’appuient sur un projet plus global et transversal pour mettre en place ce territoire du quart d’heure. Par exemple, Mulhouse s’appuie d’abord sur une requalification de quartier qui vise à moins se déplacer et retisser du lien social, pour ensuite construire un quartier « pilote » de la ville du quart d’heure.

En savoir plus en téléchargeant cet article  

Sujet plus que jamais d’actualité, de nombreux articles ou reportages lui ont été consacrés :

un reportage sur  France inter,   mais aussi Lire l'article de la Gazette des Communes sur le sujet  et la revue de presse de France urbaine  ICI . Vous pouvez découvrir le quartier de La-Prairie-au-Duc, un quartier de Nantes, où les habitants ont accès aux écoles, commerces, loisirs et médecins dans un périmètre de 5 minutes à vélo et 15 minutes à pied... ICI reportage de LCI

Ce concept fait aussi débat, ainsi que vous le verrez dans cet article des Echos ; réalité ou nouvelle lubie urbaine qui servirait aux urbains, en priorité ? ce débat entre concept urbain ? inapplicable dans les territoires peu denses ? a aussi été abordé lors des échanges du webinaire organisé par Tempo Territorial sur ce thème.

Pour aller plus loin :

La lettre du cadre, La ville du quart d’heure, ou le village réinventé, Marjolaine Koch, 17 février 2020.